Pionniers et acteurs du changement

Activation

Objectifs d’apprentissage

Dans cette activitĂ© d’apprentissage, nous allons :

  • reconnaĂ®tre et explorer les contributions des anciens combattants et des membres des Forces armĂ©es canadiennes qui ont eu un impact positif sur la sociĂ©tĂ© canadienne
  • prendre conscience des dĂ©fis qu’ils ont surmontĂ©s dans l’armĂ©e et dans la sociĂ©tĂ© canadienne
  • rĂ©flĂ©chir Ă  ce que signifie la rĂ©silience et Ă  la manière dont les Forces armĂ©es canadiennes la dĂ©montrent, tant sur le champ de bataille que dans leur vie personnelle

Le jour du Souvenir

Chaque année, le 11 novembre, nous commémorons le service et les sacrifices des anciens combattants et des membres actuels des Forces armées canadiennes (FAC). Nous rendons hommage aux individus qui ont sacrifié leur confort pour éviter que la guerre n’atteigne le sol canadien. Aujourd’hui, ils continuent de préserver la paix et la sécurité à tous les Canadiens.

Servir dans les Forces armĂ©es, c’est accepter d’affronter des difficultĂ©s et de renoncer Ă  certaines libertĂ©s personnelles, qu’il s’agisse de moments passĂ©s en famille jusqu’au sacrifice ultime : celui de sa propre vie. C’est souvent cette rĂ©silience face au danger et ce sens du sacrifice qui forgent de grands leaders. Dans ce module, nous allons explorer les histoires d’anciens combattants qui sont devenus des leaders au sein de leurs communautĂ©s et qui, mĂŞme après leurs annĂ©es de service, ont continuĂ© Ă  se battre pour un meilleur Canada.

Les FAC au fil des années

L’objectif de ce module est de mettre en lumière les contributions des membres des FAC en dehors des champs de bataille. Toutefois, il ne faut pas oublier les sacrifices que tant d’autres ont faits pour servir leur pays. Les Forces armées canadiennes ont joué un rôle important dans les conflits mondiaux passés ainsi que lors de catastrophes naturelles au Canada, souvent au prix de grands sacrifices.

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Ligne du temps de l’évolution des Forces armées canadiennes

Réfléchis à la citation suivante sur le service et les sacrifices des Forces armées canadiennes.

En ce jour du Souvenir, je suis rempli de gratitude. C’est grâce au service et aux sacrifices des membres des Forces armées canadiennes que l’on peut profiter du mode de vie tel qu’on le connaît aujourd’hui.

– Naheed Nenshi, ancien maire de Calgary

Discussion

Selon toi, que veut dire Naheed Nenshi par « C’est grâce au service et aux sacrifices des membres des Forces armĂ©es canadiennes que l’on peut profiter du mode de vie tel qu’on le connaĂ®t aujourd’hui Â» ?

Voici quelques conseils pour t’aider lors de tes discussions. Pendant tes échanges, souviens-toi des règles de bonne conduite et traite les autres avec respect.

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Participe – Les discussions sont des occasions d’apprendre les uns des autres. Plus tu participeras, plus tu apprendras.

Fais preuve d’ouverture – Toutes les idĂ©es sont importantes. Partage des idĂ©es et rĂ©agis Ă  celles des autres de manière respectueuse. N’aie pas peur de changer d’avis et d’envisager diffĂ©rentes façons de voir les choses.

Utilise des exemples tirĂ©s de l’activitĂ© d’apprentissage – Selon le sujet de la discussion, il peut ĂŞtre utile de faire des liens entre ce que tu partages et les expĂ©riences vĂ©cues durant l’activitĂ©. C’est un excellent moyen de renforcer tes apprentissages.

RĂ©flĂ©chis avant de partager – Demande-toi si tes idĂ©es sont utiles et pertinentes par rapport au sujet abordĂ©, et si elles sont appropriĂ©es pour tout le monde dans la classe, y compris ton enseignant. Utilise un ton respectueux.

Résilience

Les membres des Forces armées canadiennes ont fait preuve d’une grande résilienceL’aptitude à affronter des épreuves et à se relever par la suite. sur les champs de bataille. Guidés par leur détermination et leur engagement envers leur pays, ils se sont battus pour un Canada libre et sécuritaire. Au terme de leurs brillantes carrières militaires, certains vétérans ont poursuivi leur chemin avec la même résilience et détermination en tant que civilsLes personnes ne faisant pas partie des Forces armées canadiennes., accomplissant des actions remarquables pour aider les Canadiens.

Journal

Pense à un moment où la résilience t’a aidé, ou a aidé quelqu’un que tu connais, à surmonter une épreuve difficile.

Voici quelques exemples :

  • faire face Ă  une personne qui t’a blessĂ©
  • accomplir quelque chose qui semblait impossible
  • surmonter un Ă©chec (par exemple, en suivant des cours d’étĂ© après avoir Ă©chouĂ© Ă  un cours

Note ta réponse à l’aide de la méthode de ton choix. N’hésite pas à consulter les Pistes de réflexion pour le journal pour compléter l’activité.

Action

Dans la section « Activation Â», nous avons discutĂ© du service et des sacrifices des Forces armĂ©es canadiennes, et avons abordĂ© le thème de la rĂ©silience. Examinons maintenant quelques exemples de l’impact positif qu’ont eu les anciens combattants et les membres des Forces armĂ©es canadiennes sur le Canada.

Réflexion

De quels droits et libertĂ©s bĂ©nĂ©ficient les Canadiens aujourd’hui, comparativement Ă  75 ans auparavant ?

L’impact social des conflits

Les membres des Forces armées canadiennes sont à l’origine de nombreuses avancées dans la société canadienne. Même si leur objectif initial était de répondre aux besoins militaires, une grande partie de leurs recherches et des progrès réalisés a trouvé des applications positives dans la vie quotidienne.

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La nécessité de prévenir les décès et les maladies liés à la guerre a conduit à de nombreux progrès médicaux. Né à Bowmanville, en Ontario, le colonel d’aviation Albert Ross Tilley travaillait à l’hôpital Queen Victoria d’East Grinstead durant la Deuxième Guerre mondiale. Il y soignait principalement des membres de l’Armée de l’air qui avaient été gravement brûlés à la suite de l’abattement de leurs avions. Son travail l’a amené à développer des méthodes novatrices pour soigner les victimes de brûlures, telles que les bandages spéciaux et les bains de solution saline. De retour au Canada, il a fondé le tout premier centre de traitement des brûlures pour adultes à Toronto.

Un groupe d'aviateurs en uniforme debout derrière une table. Beaucoup ont des brûlures. Ils sourient.
Des aviateurs (certains ayant des cicatrices de brûlure au visage) se tenant debout autour du colonel d’aviation Albert Ross Tilley.

Beaucoup d’inventeurs canadiens ont rĂ©alisĂ© d’importantes innovations technologiques dans le cadre de projets militaires. L’invention du walkie-talkie par Donald Hings en est un exemple. En 1937, Donald Hings a créé un premier modèle de walkie-talkie, alors appelĂ© le « packset Â». Il a cependant considĂ©rablement perfectionnĂ© cette technologie initiale en travaillant pour le gouvernement canadien pendant la Deuxième Guerre mondiale. Rappelons qu’à cette Ă©poque, le tĂ©lĂ©phone cellulaire n’avait pas encore Ă©tĂ© inventĂ©. Le walkie-talkie offrait donc un moyen fiable de communication sans fil. Pendant la guerre, environ 18 000 walkies-talkies ont Ă©tĂ© fabriquĂ©s Ă  Toronto, en Ontario. Hings a Ă©tĂ© nommĂ© membre honoraire du Corps royal canadien des transmissions, et la technologie qu’il a mise au point reste importante dans le domaine des tĂ©lĂ©communications aujourd’hui.

Un groupe de soldats utilisant un système de talkie-walkie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Soldats d’infanterie du Loyal Edmonton Regiment utilisant un Italic text startwalkie-talkieItalic text End lors d’une avancĂ©e Ă  Ortona, en Italie, le 21 dĂ©cembre 1943.

Ă€ la diffĂ©rence des autres pays alliĂ©s pendant la Première Guerre mondiale, le Canada Ă©tait le seul pays oĂą les infirmières militaires Ă©taient considĂ©rĂ©es comme des officières Ă  part entière dans les forces armĂ©es. Les infirmières canadiennes portaient le titre d’« infirmières militaires Â», un rang Ă©quivalent Ă  celui de lieutenant, et gagnaient 2 $ par jour. Cette somme reprĂ©sentait le double du salaire d’un soldat de première classe dans les tranchĂ©es, et jusqu’à quatre fois le salaire quotidien moyen d’une infirmière dans certaines villes canadiennes. En 1917, les infirmières militaires sont devenues les premières femmes Ă  obtenir le droit de vote aux Ă©lections fĂ©dĂ©rales, ouvrant ainsi la voie Ă  d’autres femmes au Canada.

Un groupe d'infirmières votant pendant la Première Guerre mondiale.
Des infirmières militaires canadiennes en train de voter aux élections fédérales dans un hôpital canadien (1917).

Nous venons d’explorer comment les membres des Forces armées canadiennes ont contribué aux avancées de la société canadienne. Leurs efforts ont eu des répercussions positives et concrètes dans notre quotidien. Examinons maintenant comment les pionniers et les acteurs de changement ont également lutté pour faire évoluer les choses au sein de l’armée.

Réforme militaire

Tout comme la société canadienne, les Forces armées canadiennes n’ont pas toujours été aussi inclusives qu’elles le sont aujourd’hui.

Au fil des années, de nombreuses personnes souhaitant servir leur pays se sont heurtées à des politiques gouvernementales discriminatoires qui les empêchaient ou leur interdisaient carrément de s’enrôler dans l’armée. C’est grâce au courage de plusieurs personnes extraordinaires que ces politiques ont été remises en question et que le service militaire est devenu accessible à tous.

Discussion

Pourquoi est-il important d’assurer la diversitĂ© et l’égalitĂ© au sein des Forces armĂ©es canadiennes ?

Clique sur les onglets suivants pour en savoir plus sur les individus extraordinaires qui se sont battus en faveur de la rĂ©forme militaire. Utilise le Journal d’apprentissage pour noter les contributions de ces pionniers et acteurs de changement.

Jacob Courtney

Dès la déclaration de la Première Guerre mondiale en 1914, des Canadiens de partout au pays se sont empressés de s’enrôler dans l’armée. En décembre 1915, Jacob Courtney, un jeune homme noir d’Owen Sound, en Ontario, s’est porté volontaire pour servir son pays et a été envoyé à l’étranger dans un bataillon majoritairement blanc. Lors de la bataille du canal du Nord, en France, Jacob a assisté à de très violents combats. Cette bataille, qui faisait partie d’une offensive militaire menée par les Alliés, a conduit à la fin de la guerre en 1918. Jacob a reçu l’insigne de bonne conduite pour son service.

En 1917, le gouvernement canadien a adoptĂ© La Loi du Service Militaire, obligeant tous les hommes aptes au combat âgĂ©s de 20 Ă  45 ans Ă  s’enrĂ´ler, selon ce qu’on appelle l’enrĂ´lement forcĂ©. Aucune politique de l’ArmĂ©e canadienne ou du gouvernement du Canada n’excluait les Canadiens noirs du service militaire. En fait, le gouvernement ne consignait pas mĂŞme l’ethnie des personnes qui s’enrĂ´laient dans les Ă©tats de service. MalgrĂ© cela, les Canadiens noirs faisaient face Ă  des obstacles et Ă  des comportements racistes lorsqu’ils tentaient de rejoindre l’armĂ©e. Dans certains cas, les agents de recrutement locaux refusaient simplement les candidatures de Canadiens noirs. InspirĂ© par son frère Jacob Courtney, Henry Courtney a lui aussi voulu s’enrĂ´ler, mais il n’a pas trouvĂ© de bataillon prĂŞt Ă  l’accepter.

DĂ©terminĂ©s Ă  servir leur pays, des Canadiens noirs d’un bout Ă  l’autre du pays ont commencĂ© Ă  faire pression sur le gouvernement pour permettre Ă  un plus grand nombre d’entre eux d’intĂ©grer l’armĂ©e. Henry Courtney a Ă©crit plusieurs lettres au rĂ©dacteur en chef du journal The Canadian Observer : « Je tiens toujours Ă  faire ma part Â», affirmait Henry, « Je suis robuste et en bonne santĂ©. Je n’ai jamais Ă©tĂ© malade Â». Les lettres comme celle d’Henry ont aidĂ© Ă  convaincre l’armĂ©e d’accueillir davantage de soldats noirs dans l’ArmĂ©e canadienne. Bien que la War Office britannique ait refusĂ© d’autoriser des unitĂ©s noires au combat, une solution a Ă©tĂ© proposĂ©e : la crĂ©ation d’un bataillon de main-d’œuvre. Le 5 juillet 1916, le ministère de la DĂ©fense et de la Milice a autorisĂ© la formation du 2e Bataillon de construction, un bataillon entièrement composĂ© de travailleurs noirs.

Henry Courtney a immédiatement saisi l’occasion de participer à l’effort de guerre et s’est enrôlé dans le bataillon le 30 août 1916. Pendant son séjour à l’étranger, lui et son bataillon ont aidé le Corps forestier canadien à réaliser des projets de construction et ont créé une infrastructure inestimable pour l’effort de guerre. Le rôle du 2e bataillon de construction était crucial, car il était chargé d’entretenir les routes utilisées pour transporter le ravitaillement entre les camps militaires. Il s’occupait également de l’approvisionnement en eau et en bois d’œuvre, essentiel pour renforcer les tranchées et pour construire des ponts et des postes d’observation durant la guerre.

Jacob et Henry Courtney ont fait preuve de courage et de dĂ©termination. Des communautĂ©s noires de tout le pays ont dĂ©montrĂ© leur dĂ©vouement envers le Canada en servant pendant la Première Guerre mondiale. Près de 1 300 Canadiens noirs se sont joints au Corps expĂ©ditionnaire canadien (CEC), dĂ©montrant leur bravoure et leur rĂ©silience lors d’une pĂ©riode difficile pour tous.

Michelle Douglas

Michelle Douglas a intĂ©grĂ© les Forces armĂ©es canadiennes en 1986, après des Ă©tudes en droit Ă  l’universitĂ©. Ayant excellĂ© dans sa formation militaire, elle a Ă©tĂ© invitĂ©e Ă  rejoindre une unitĂ© d’élite de la police militaire : l’UnitĂ© des enquĂŞtes spĂ©ciales (UES). L’UES Ă©tait chargĂ©e d’enquĂŞter sur les crimes les plus graves au sein de l’armĂ©e, ce qui incluait Ă  l’époque les allĂ©gations d’homosexualitĂ©.

Pendant la Guerre froide (de 1947 à 1991), le gouvernement canadien s’est inquiété de la possibilité que les personnes homosexuelles au sein de l’armée, de la GRC et de la fonction publique puissent représenter une menace pour la sécurité. À cette époque, de nombreuses personnes gardaient leur orientation sexuelle secrète pour éviter d’être persécutées. Cela a amené les représentants gouvernementaux à penser que ces personnes pourraient faire l’objet de chantage pour livrer des renseignements protégés.

Alors que Michelle Douglas travaillait pour l’UES, l’unitĂ© a reçu des allĂ©gations concernant son orientation sexuelle. Bien qu’elle ait Ă©tĂ© interrogĂ©e et qu’on lui ait demandĂ© de passer un test polygraphique, elle a toujours niĂ© les accusations et refusĂ© de dĂ©noncer d’autres membres des Forces armĂ©es qui Ă©taient homosexuels. Michelle Douglas n’a pas abandonnĂ© : elle est retournĂ©e dans son unitĂ© et a poursuivi son travail, mĂŞme si ses collègues et ses supĂ©rieurs refusaient de lui parler ou de lui assigner des tâches. Après avoir d’abord niĂ© les allĂ©gations, Michelle Douglas a choisi de rĂ©vĂ©ler son orientation sexuelle, mĂŞme en sachant que cela mettrait un terme Ă  sa carrière militaire. Elle a Ă©tĂ© licenciĂ©e en 1989, sous prĂ©texte qu’elle n’était « pas avantageusement apte Ă  ĂŞtre embauchĂ©e en raison de son homosexualitĂ© Â».

En 1990, Michelle Douglas a intentĂ© un procès contre le gouvernement canadien pour la manière dont il l’a traitĂ©e, transformant son expĂ©rience en une occasion de faire changer les choses. Cette poursuite a amenĂ© les Forces armĂ©es canadiennes Ă  modifier leur politique contre l’homosexualitĂ© en 1992, deux ans avant que la Cour suprĂŞme ne reconnaisse officiellement l’orientation sexuelle comme un droit protĂ©gĂ© par la Charte canadienne des droits et libertĂ©s. Depuis plus de 30 ans, Michelle Douglas continue de dĂ©fendre les droits des personnes 2ELGBTQI+Des acronymes comme 2ELGBTQI+ n’auraient pas Ă©tĂ© utilisĂ©s Ă  l’époque. Des termes comme « homosexuels Â» Ă©taient plus courants. L’acronyme 2ELGBTQI+ est employĂ© ici, car il englobe un large Ă©ventail d’identitĂ©s et d’expĂ©riences. L’emploi de tels termes de manière rĂ©trospective nous aide Ă  mieux comprendre et Ă  reconnaĂ®tre la diversitĂ© des identitĂ©s de genre qui existaient dans le passĂ©, mĂŞme si elles n’étaient pas dĂ©signĂ©es ainsi Ă  ce moment-lĂ . au Canada. En 2023, les Forces armĂ©es canadiennes l’ont nommĂ©e colonelle honoraire pour le groupe du Chef – Conduite professionnelle et culture. Elle sert le Canada avec fiertĂ© dans ce nouveau rĂ´le et estime qu’il s’agit d’un acte de rĂ©conciliation important pour reconnaĂ®tre les contributions de tous les Canadiens.

Michelle Douglas incarne le courage, l’intégrité et l’altruisme. À une époque où plusieurs vivaient dans la peur que leur orientation sexuelle soit révélée, elle a fait le choix de se dévoiler publiquement à sa famille, à ses employeurs et à l’ensemble des Canadiens.

Quand les gens unissent leurs forces, rien ne peut les arrêter. Formez des groupes avec des personnes qui partagent les mêmes idées que vous, et agissez ensemble pour concrétiser votre mission. Ne vous laissez pas décourager par le manque de temps ou d’argent.

– Michelle Douglas
Oliver Milton Martin

Durant la Première Guerre mondiale, des milliers d’hommes autochtones aspiraient Ă  servir dans le Corps expĂ©ditionnaire canadien et ont parcouru des centaines de kilomètres pour se rendre aux bureaux de recrutement. Plus de 4 000 membres inscrits des Premières Nations ont combattu pendant la Première Guerre mondiale. Des milliers d’autres soldats inuits, mĂ©tis et non inscrits se sont Ă©galement enrĂ´lĂ©s, mais leur identitĂ© autochtone n’était pas toujours documentĂ©e. De nombreux soldats autochtones ont acquis une grande rĂ©putation au sein des forces militaires; Oliver Milton Martin Ă©tait l’un d’entre eux.

NĂ© en 1893 dans la rĂ©serve des Six Nations de la rivière Grand, Martin Ă©tait membre de la nation Kanyen’kehĂ :ka (Mohawk). Il a intĂ©grĂ© les Haldimand Rifles en 1909, avant de s’enrĂ´ler pour la Première Guerre mondiale en 1916. Il a ensuite Ă©tĂ© rĂ©affectĂ© au 107e bataillon (Timber Wolf), au sein duquel il a combattu en France et en Belgique. En 1917, après avoir survĂ©cu Ă  une attaque au gaz, Martin a rejoint le Royal Flying Corps et s’est rendu en Angleterre pour suivre une formation d’observateur. En juin 1918, il est devenu l’un des rares pilotes autochtones ayant combattu pendant la Première Guerre mondiale.

Même si certains soldats des Premières Nations se sentaient respectés par leurs pairs sur le champ de bataille, des incidents de discrimination se produisaient encore. Lorsque Martin était lieutenant, il a été chargé de transporter 400 soldats autochtones vers un camp militaire. Leur train faisait une escale de quatre heures à Londres. Les officiers supérieurs ont averti Martin de ne laisser aucun de ces soldats autochtones quitter le quai car ils craignaient qu’ils ne causent des problèmes en ville. Faisant fi des consignes de ses supérieurs, Martin a permis aux soldats de quitter la gare. Tous sont revenus à l’heure, sans causer le moindre problème.

De retour au Canada en 1919, Martin est devenu enseignant, tout en poursuivant son service en tant que lieutenant-colonel du Dufferin and Haldimand Rifles of Canada. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il a servi le Canada sur le front intĂ©rieur en tant que colonel de la 13e Brigade d’infanterie. En 1941, il a Ă©tĂ© promu au rang de brigadier, devenant ainsi le premier Autochtone Ă  occuper ce poste. Il a commandĂ© la 18e Brigade d’infanterie Ă  Nanaimo, en Colombie-Britannique, puis a commandĂ© Ă  la tĂŞte des troupes du District militaire no 2, en Ontario. Il a pris sa retraite de l’armĂ©e en 1944. Après la guerre, Martin est devenu la première personne autochtone Ă  occuper un poste judiciaire en Ontario et a militĂ© pour l’éducation et les droits des Autochtones. Il a tĂ©moignĂ© devant le ComitĂ© spĂ©cial mixte de 1946 sur la rĂ©vision de la Loi sur les Indiens et a Ă©tĂ© intronisĂ© au Temple de la renommĂ©e des Indiens. En son honneur, la filiale no 345 de la LĂ©gion royale canadienne a Ă©tĂ© nommĂ©e « Brigadier O.-M. Martin Â».

Malgré les difficultés auxquelles il a été confronté en tant qu’Autochtone, Oliver Milton Martin a démontré son dévouement envers le Canada tout au long de sa carrière militaire. Il a risqué son propre statut de commission pour garantir que ses soldats bénéficient des mêmes droits que les soldats non autochtones et a enseigné à ses recrues avec gentillesse.

RĂ©ponds Ă  la question suivante pour tester tes connaissances sur les soldats des Premières Nations qui se sont battus pendant la Première Guerre mondiale. SĂ©lectionne ta rĂ©ponse, puis clique sur VĂ©rifier la rĂ©ponse pour connaĂ®tre ton rĂ©sultat.

Politique de tolérance zéro

Les Forces armées canadiennes appliquent désormais une politique de tolérance zéro à l’égard de la discrimination et du harcèlement. Les membres sont tenus de respecter les valeurs du respect, de la dignité et de l’égalité.

Clique sur les liens suivants pour en apprendre davantage.

Site Web des Forces armées canadiennes

Section de la Défense nationale du site Web du gouvernement du Canada

Un Canada plus inclusif

Des vĂ©tĂ©rans et d'autres membres de la communautĂ© avec des pancartes. Un homme porte une pancarte sur laquelle on peut lire « WWII Vets for Redress Â» (vĂ©tĂ©rans de la Seconde Guerre mondiale pour la rĂ©paration).
Vétéran Roger Obata lors d’une marche pour la réparation.

Les membres des Forces armées canadiennes ont contribué à rendre l’armée plus inclusive. Après leurs années de service militaire, certains se sont aussi attaqués à des problèmes plus vastes liés au racisme, à la discrimination et à l’injustice au sein de la société canadienne. Ceux qui ont servi à l’étranger ont risqué leur vie pour leurs concitoyens, mais en rentrant au Canada, ils ont retrouvé les mêmes lois discriminatoires qu’à leur départ. Les expériences vécues dans l’armée ont poussé plusieurs vétérans remarquables à s’impliquer activement dans des mouvements sociaux et à faire pression sur le gouvernement pour qu’il modifie certaines lois.

Clique sur les onglets suivants pour en apprendre davantage. Utilise le Journal d’apprentissage pour noter les contributions de ces pionniers et acteurs de changement.

Francis Pegahmagabow

NĂ© au sein de la Première Nation de Shawanaga, une communautĂ© anichinabĂ©e situĂ©e près de Nobel, en Ontario, le chef Francis Pegahmagabow est l’un des vĂ©tĂ©rans autochtones les plus dĂ©corĂ©s de la Première Guerre mondiale. Il s’est enrĂ´lĂ© en 1914, Ă  l’âge de 23 ans, et est arrivĂ© en France en fĂ©vrier 1915. Il fait partie des plus de 4 000 soldats autochtones qui se sont engagĂ©s pour dĂ©fendre les intĂ©rĂŞts du Canada pendant la Première Guerre mondiale. Durant le conflit, il est devenu le tireur d’élite le plus efficace du Corps expĂ©ditionnaire canadien et a capturĂ© plus de 300 prisonniers allemands. Il a pris part Ă  la deuxième bataille d’Ypres en 1915, Ă  la bataille du mont Sorrel en 1916, Ă  la bataille de Passchendaele en 1917, Ă  Amiens, et Ă  la deuxième bataille d’Arras en 1918. Ă€ plusieurs reprises, il s’est rendu derrière les lignes ennemies pour recueillir des renseignements essentiels.

Durant la bataille de la Scarpe, sa compagnie Ă©tait sur le point d’être encerclĂ©e alors qu’elle Ă©tait presque Ă  court de munitions. Pegahmagabow a traversĂ© les tirs de mitrailleuses et a risquĂ© sa vie pour obtenir des munitions afin que sa compagnie puisse se dĂ©fendre contre l’attaque. Ses accomplissements lui ont valu un grand respect de la part de ses pairs. On lui a aussi dĂ©cernĂ© la MĂ©daille militaire et deux agrafes, une distinction particulièrement marquante, puisque seuls 38 autres Canadiens ont reçu deux agrafes en reconnaissance de leur service. Il a Ă©galement reçu l’Étoile de 1914-1915, la MĂ©daille de guerre britannique et la MĂ©daille de la Victoire. Francis Pegahmagabow est l’un des soldats autochtones les plus dĂ©corĂ©s de l’histoire militaire du Canada.

Après la guerre, il est retournĂ© Ă  la rĂ©serve de Parry Island (aujourd’hui connue sous le nom de Wasauksing First Nation) près de Parry Sound, en Ontario. En 1919, il a tentĂ© d’obtenir un prĂŞt en vertu de la Loi d’Ă©tablissement des soldatsUn programme de prĂŞts avantageux destinĂ© aux vĂ©tĂ©rans pour les aider Ă  acheter des terres, du bĂ©tail et du matĂ©riel pour l’agriculture., mais l’agent des IndiensLes agents des Indiens appliquaient les dispositions de la Loi sur les Indiens, qui avait pour but d’assimiler les membres des Premières nations et d’entraver leur souverainetĂ© dans les rĂ©serves. local a rejetĂ© sa demande. Ă€ cette Ă©poque, de nombreux soldats autochtones perdaient leur statut d’Indien Ă  leur retour au pays, car ils avaient Ă©tĂ© absents trop longtemps de leurs rĂ©serves. C’était une situation injuste pour les soldats autochtones, qui s’étaient portĂ©s volontaires pour servir leur pays pendant la guerre. DĂ©cidĂ© Ă  agir, Pegahmagabow a soumis sa candidature pour devenir conseiller de sa communautĂ©. Il a finalement Ă©tĂ© Ă©lu chef en 1921. En tant que chef, il a militĂ© pour le droit de sa nation Ă  l’autodĂ©termination et a souvent dĂ©fiĂ© les agents d’Indiens locaux. Tout au long des annĂ©es 1940, il s’est alliĂ© Ă  d’autres dirigeants autochtones pour contester le traitement rĂ©servĂ© par le gouvernement aux peuples autochtones du Canada. Il s’est battu pour empĂŞcher le gouvernement d’émanciperL’émancipation est une procĂ©dure lĂ©gale destinĂ©e Ă  mettre fin au statut d’Indien d’une personne. Remarque : Aujourd’hui, on n’utilise plus le terme « Indien Â». un membre des Premières Nations et de lui retirer son statut d’Indien sans son consentement.

En 1945, il a intĂ©grĂ© le gouvernement indien national, une organisation autochtone qui militait en faveur de l’autonomie gouvernementale des Autochtones, et a Ă©tĂ© Ă©lu chef suprĂŞme de l’organisation en 1949. Bien que Pegahmagabow soit dĂ©cĂ©dĂ© en 1952, il a vĂ©cu assez longtemps pour voir la rĂ©forme de la loi sur les Indiens en 1951. Cette dernière a mis fin Ă  l’émancipation obligatoire des membres des Premières Nations et a levĂ© l’interdiction du potlatch, des danses du soleil et d’autres cĂ©rĂ©monies des Premières Nations.

Les mĂ©dailles de Pegahmagabow sont exposĂ©es au MusĂ©e canadien de la guerre ; celles-ci tĂ©moignent de sa bravoure et de ses rĂ©alisations militaires exceptionnelles. Ă€ travers les nombreux rĂ´les de leadership qu’il a occupĂ©s au cours de sa carrière militaire et par la suite, il s’est battu pour amĂ©liorer les conditions de vie des Canadiens autochtones. Pegahmagabow s’est distinguĂ© par sa dĂ©termination, son empathie et sa rĂ©silience.

Wee Hong (Walter) Louie et d'autres hommes tenant un trophée
Wee Hong (Walter) Louie, Ă  gauche

Wee Hong (Walter) Louie est né en 1894 à Shuswap, en Colombie-Britannique. À l’époque, les enfants d’immigrants chinois n’obtenaient pas la citoyenneté canadienne à la naissance, même s’ils étaient nés au Canada. Jusqu’en 1948, les personnes d’origine chinoise vivant au Canada n’étaient pas admissibles à la citoyenneté canadienne et ne pouvaient pas voter aux élections. Malgré cela, Louie a choisi de se battre pour le Canada durant la Première Guerre mondiale et s’est enrôlé à Kamloops le 9 avril 1917. Son frère Wee Tan, en revanche, a été rejeté en raison de son origine ethnique. Refusant d’accepter cette décision, Wee Tan a passé trois mois sur la route pour se rendre à Calgary, où il a finalement trouvé un bataillon prêt à l’accepter. Les frères faisaient partie des 300 Canadiens d’origine chinoise ayant servi le Canada pendant la Première Guerre mondiale.

Louie a d’abord suivi une formation d’artilleur, puis il est parti en France avec le 29e bataillon, où il a échappé plus d’une fois à la mort. Au cours de la bataille d’Arras, en France, les troupes allemandes ont violemment attaqué le bataillon en utilisant des gaz toxiques et de l’artillerie. Heureusement, Louie a survécu. Plus tard, en août 1918, son bataillon a parcouru plus d’un kilomètre de terrain à découvert en plein jour, sous une pluie de tirs, afin de s’emparer d’une voie ferrée près du village de Rosières, en France. À la fin de la guerre, Louie était devenu chauffeur et spécialiste des communications sans fil, où il a appris les rudiments de la réparation des radios.

De retour Ă  la maison après la guerre, il a fait des Ă©tudes universitaires en ingĂ©nierie Ă©lectrique. Il a ensuite dĂ©mĂ©nagĂ© Ă  Orillia, en Ontario, oĂą il a achetĂ© un magasin pour vendre et rĂ©parer des radios. En raison de son origine chinoise, on lui a refusĂ© un permis d’exploitation commerciale. DĂ©terminĂ© Ă  ouvrir son commerce, il a donc dĂ©cidĂ© d’envoyer une lettre au premier ministre William Lyon Mackenzie King, accompagnĂ©e de ses uniformes et de ses mĂ©dailles. Dans la lettre, il expliquait qu’il retournait les mĂ©dailles et les uniformes en signe de protestation. Louie Ă©tait nĂ© au Canada et s’était battu pour le pays, et pourtant, on lui refusait le permis dont il avait besoin pour ouvrir son commerce Ă  cause de ses origines chinoises. King lui a rĂ©pondu en lui rendant ses affaires et en s’excusant. Le permis d’exploitation commerciale lui a Ă©tĂ© accordĂ© par la suite. Louie a gĂ©rĂ© son entreprise, West End Radio, jusqu’à sa retraite en 1976.

Le récit de Walter Louie témoigne de sa grande détermination et de sa volonté de servir le Canada. Il était résolu à se battre pour le Canada et à ouvrir son propre commerce, ce qui démontre sa détermination et sa capacité à surmonter les obstacles.

Frank Moritsugu

MĂŞme si le sentiment anti-asiatique Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©sent au Canada, la Deuxième Guerre mondiale a largement contribuĂ© Ă  la hausse des politiques anti-japonaises de la part du gouvernement canadien. Le 7 dĂ©cembre, les forces japonaises ont bombardĂ© Pearl Harbour, et le Canada a officiellement dĂ©clarĂ© la guerre au Japon. En vertu de la Loi sur les mesures de guerre, toutes les personnes d’origine japonaise, quelle que soit leur nationalitĂ©, sont devenues les sujets d’un pays ennemi et devaient s’inscrire auprès du gouvernement. En fĂ©vrier 1942, le premier ministre Mackenzie King a ordonnĂ© l’expulsion forcĂ©e de toutes les personnes d’origine japonaise de la cĂ´te pacifique du Canada. Environ 22 000 Canadiens d’origine japonaise ont Ă©tĂ© touchĂ©s.

Frank Moritsugu était âgé de 19 ans quand sa famille et lui ont été contraints d’abandonner leur maison de Vancouver pour s’installer dans les camps d’internement. Ils n’ont pas pu emporter grand-chose avec eux, et la plupart des biens qu’ils ont laissés derrière ont été vandalisés ou volés. La famille Moritsugu a été séparée et envoyée dans trois camps d’internement différents. Conformément aux règles de leur internement, les Canadiens d’origine japonaise pouvaient sortir des camps d’internement s’ils acceptaient de quitter la Colombie-Britannique et de s’installer dans une province de l’Est canadien. Après deux ans de séparation, Frank Moritsugu a retrouvé sa famille à St Thomas, en Ontario, où celle-ci s’était installée pour travailler dans une ferme.

Cependant, alors que la guerre avec le Japon se poursuivait, les Forces armées avaient besoin de membres parlant japonais pour agir comme interprètes pour les prisonniers de guerre japonais. Frank Moritsugu, un Canadien d’origine japonaise, voulait se battre pour le Canada. En 1945, il s’est volontairement enrôlé dans le Corps du renseignement de l’Armée canadienne. Ses parents étaient mécontents de sa décision. Il leur a toutefois expliqué que s’enrôler était une façon de montrer aux Canadiens que les Canadiens d’origine japonaise étaient aussi patriotes que n’importe qui, et qu’ils méritaient d’être traités sur un pied d’égalité. Au cours de son service, Moritsugu a participé à des opérations de renseignements aux côtés des troupes britanniques en Inde et au Sri Lanka. Il était notamment chargé d’enseigner la langue japonaise aux troupes et d’agir en tant que traducteur.

Bien que la guerre ait pris fin en 1945, les politiques gouvernementales qui limitaient les déplacements des Canadiens d’origine japonaise ont été maintenues jusqu’en 1949; pas même les vétérans n’y échappaient. Quand Moritsugu est rentré de la guerre en 1946, on l’a obligé à avoir sur lui une carte de la GRC qui l’identifiait comme étant Japonais. Indigné, il a décidé de rédiger un article à ce sujet dans un journal canadien d’origine japonaise pour dénoncer l’absurdité de cette politique.

Dans les annĂ©es 1980, les Canadiens d’origine japonaise ont luttĂ© contre le gouvernement pour que celui-ci reconnaisse les mauvais traitements infligĂ©s Ă  leur communautĂ© pendant la Deuxième Guerre mondiale. En tant qu’ancien combattant qui avait travaillĂ© d’arrache-pied pour prouver sa loyautĂ© envers le Canada, Moritsugu tenait Ă  participer Ă  ce combat. Il Ă©tait membre de la branche torontoise de l’Association nationale des Canadiens d’origine japonaise et a participĂ© Ă  la diffusion des communications de l’équipe chargĂ©e de la campagne de rĂ©paration. En avril 1988, Moritsugu a Ă©galement participĂ© au rassemblement pour la rĂ©paration sur la Colline du Parlement. Les pressions exercĂ©es par la communautĂ© japonaise ont portĂ© fruit : le 22 septembre 1988, le gouvernement canadien a prĂ©sentĂ© ses excuses officielles aux Canadiens d’origine japonaise et a offert une indemnisation aux citoyens touchĂ©s par l’internement. Le gouvernement a Ă©galement aboli la Loi sur les mesures de guerre et l’a remplacĂ©e par la Loi sur les mesures d’urgence, qui veille Ă  ce que les actions du gouvernement soient conformes Ă  la Charte canadienne des droits et libertĂ©s.

Bien-ĂŞtre collectif

Un certain nombre d’anciens combattants ont fondé et dirigent des organisations, telles que des syndicats et des œuvres de bienfaisance, qui favorisent le bien-être collectifUn système qui se préoccupe du bien-être de la société et qui vise à garantir que les besoins des individus sont satisfaits..

L’Institut national canadien pour les aveugles ainsi que l’Association des AmputĂ©s de guerre ont Ă©tĂ© créés par des vĂ©tĂ©rans.

Ces organisations ont notamment contribué à la création de politiques gouvernementales qui ont aidé à améliorer la vie de Canadiens dans l’ensemble du pays.

Clique sur les onglets suivants pour en savoir plus sur les contributions des anciens combattants au bien-ĂŞtre collectif au Canada. Utilise le Journal d’apprentissage pour noter les contributions de ces pionniers et acteurs de changement.

John Gibbons Counsell

Au début du 20e siècle, il existait encore peu de ressources pour les personnes souffrant d’un handicap physique. À mesure que de plus en plus de personnes revenaient blessées de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale, de nouveaux organismes ont été mis sur pied pour leur venir en aide. Bien que ceux-ci aient d’abord été créés pour aider les anciens combattants, ils ont rapidement pris de l’ampleur pour aider les civils également.

NĂ© en 1911, Ă  Wentworth, John Gibbons Counsell a servi outre-mer au sein du Royal Hamilton Light Infantry. Lors du raid de Dieppe, Counsell a subi une blessure au dos qui l’a rendu paralysĂ© Ă  vie. Ă€ l’époque, il y avait encore peu de connaissances sur les lĂ©sions de la moelle Ă©pinière. La plupart des mĂ©decins jugeaient qu’il n’y avait pas grande chose Ă  faire pour les individus atteints de telles lĂ©sions, les voyant comme des « handicapĂ©s sans espoir Â». Pendant son sĂ©jour Ă  l’hĂ´pital, Counsell a traversĂ© des pĂ©riodes de grande dĂ©pression. Heureusement, grâce au soutien des mĂ©decins et de ses pairs, son moral s’est amĂ©liorĂ©. De retour au Canada, il a commencĂ© Ă  militer pour les vĂ©tĂ©rans blessĂ©s. Croyant fermement en l’importance de l’autonomie chez les vĂ©tĂ©rans atteints d’une invaliditĂ©, Counsell a convaincu le gouvernement de fournir aux membres blessĂ©s des Forces armĂ©es des fauteuils roulants pliables et autopropulsĂ©s. Contrairement aux fauteuils roulants traditionnels, ceux-ci permettraient une meilleure mobilitĂ© et contribueraient Ă  la rĂ©insertion sociale des vĂ©tĂ©rans blessĂ©s.

En janvier 1945, Counsell a participĂ© Ă  l’inauguration du Lyndhurst Lodge, le premier centre de rĂ©adaptation au Canada pour les blessĂ©s mĂ©dullaires. Initialement destinĂ© aux anciens combattants, le Lyndhurst Lodge s’est progressivement adaptĂ© pour offrir des programmes aux civils. Quelques jours après l’ouverture du Lyndhurst Lodge, Counsell a fondĂ© l’Association canadienne des paraplĂ©giques (ACP), aujourd’hui connue sous le nom de Spinal Cord Injury Canada (LĂ©sions mĂ©dullaires Canada). L’ACP avait pour mission d’aider les individus souffrant de lĂ©sions de la moelle Ă©pinière Ă  mener une vie active et indĂ©pendante. L’organisme a Ă©galement créé des programmes de formation et de soutien pour les pairs. En 1951, Counsell a participĂ© Ă  la crĂ©ation du National Advisory Committee on the Rehabilitation of Disabled Persons (ComitĂ© consultatif national pour la rĂ©adaptation professionnelle des personnes handicapĂ©es) et a contribuĂ© Ă  dĂ©finir les fondements des politiques canadiennes actuelles en matière de handicap.

Stanley Grizzle est nĂ© Ă  Toronto, en 1918. Jeune adulte, il a travaillĂ© comme porteur de chemin de fer, l’un des rares emplois bien rĂ©munĂ©rĂ©s pour les Canadiens noirs Ă  l’époque. En 1938, Stanley Grizzle a fondĂ© la Young Man’s Negro Association of Toronto, ce qui marqua le dĂ©but d’une vie de lutte en faveur des droits des Canadiens noirs. En 1942, il a reçu un avis de conscriptionL’enrĂ´lement de personnes pour le service militaire obligatoire., puis s’est joint au corps mĂ©dical de Newmarket, en Ontario. Lors de son service en Angleterre, Stanley Grizzle a Ă©tĂ© affectĂ© Ă  l’entretien des latrines pour avoir refusĂ© de servir comme ordonnance, soit l’équivalent d’un domestique personnel. Par la suite, il a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© aux entrepĂ´ts du quartier-maĂ®tre, oĂą il s’occupait de livrer les fournitures et le courrier. Il offrait aussi des soins mĂ©dicaux dans les postes d’évacuation sanitaire. Vers la fin de la guerre, il a Ă©tĂ© promu au grade de caporal et a servi en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne.

Stanley Grizzle

En 1946, après la Deuxième Guerre mondiale, Stanley Grizzle a repris son ancien mĂ©tier de porteur pour les chemins de fer. MĂŞme s’ils occupaient un rĂ´le important sur les trains, les porteurs rencontraient de nombreux obstacles. Ils pouvaient ĂŞtre congĂ©diĂ©s sans raison, recevaient un salaire infĂ©rieur Ă  celui des employĂ©s des chemins de fer qui n’étaient pas Noirs, et Ă©taient contraints de travailler de longues heures, typiquement 72 heures, avec peu de chances de dormir. DĂ©terminĂ© Ă  faire changer les choses, Stanley Grizzle est devenu prĂ©sident de la division Torontoise de la FraternitĂ© des porteurs de wagons-lits Ă  Toronto. Le syndicat a rĂ©ussi Ă  obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail pour ses membres.

Stanley Grizzle a poursuivi ses efforts de militantisme après la guerre et est devenu un membre influent du Joint Labour Committee to Combat Racial Intolerance de Toronto (comitĂ© mixte des travailleurs pour combattre l’intolĂ©rance raciale). Ce comitĂ© a contribuĂ© Ă  l’adoption du Fair Employment Act (la Loi sur l’équitĂ© en matière d’emploi) de l’Ontario en 1951, qui interdit de refuser un emploi Ă  une personne en raison de sa race. Dans les annĂ©es 1960, Stanley Grizzle a Ă©tĂ© embauchĂ© comme commis Ă  la Commission des relations de travail de l’Ontario, faisant de lui le premier Canadien noir Ă  occuper un poste au ministère du Travail de l’Ontario. En 1978, il est de nouveau passĂ© Ă  l’histoire en devenant le premier juge noir de la citoyennetĂ© au Canada. Jusqu’à sa mort en 2016, il a continuĂ© Ă  dĂ©fendre les droits des travailleurs et de la citoyennetĂ©.

Stanley Grizzle était fier de son service envers le Canada. Il a fait preuve de résilience et d’un profond sens de la justice, tant pendant son service militaire que par la suite. En tant que vétéran, il a continué à défendre sa communauté et son pays, contribuant à d’importantes avancées.

Quand je repense à la guerre, je remercie Dieu pour cette expérience. Elle m’a fait grandir. Depuis mon expérience dans l’armée, je crois fermement que les conflits devraient être réglés par des actions concrètes, mais non violentes.

– Stanley Grizzle

Nous avons découvert des pionniers et des acteurs du changement inspirants qui ont grandement contribué à une société canadienne plus juste et inclusive. À travers leurs récits, nous avons mis en lumière des changements importants qui ont marqué l’histoire du Canada.

Ă€ toi maintenant !

Complète le jeu-questionnaire suivant pour tester tes connaissances sur les contributions des pionniers et des acteurs de changement au sein des Forces armées canadiennes.

Essaie de rĂ©pondre aux questions suivantes en sĂ©lectionnant la bonne rĂ©ponse, puis clique sur VĂ©rifier la rĂ©ponse pour connaĂ®tre ton rĂ©sultat.

Approfondissement

Dans cette activitĂ© d’apprentissage, nous avons explorĂ© :

  • le sens du mot « rĂ©silience Â»
  • les obstacles rencontrĂ©s par les membres des Forces armĂ©es canadiennes, tant dans l’armĂ©e que dans la sociĂ©tĂ© canadienne
  • les contributions positives des membres des Forces armĂ©es canadiennes

Nous allons maintenant discuter de comment votre perception des pionniers et des acteurs de changement a changĂ© au fil de cette activitĂ©. Utilise le Journal d’apprentissage pour t’aider lors de tes discussions.

Discussion

  • Qu’est-ce qui fait de quelqu’un un pionnier ou un acteur de changement ?
  • Quelles sont ses qualitĂ©s ?
  • Est-ce que tous les acteurs de changement affrontent les dĂ©fis de la mĂŞme façon ?

Après cette discussion, il se peut que tu veuilles en apprendre davantage sur les pionniers et les acteurs de changement des Forces armées canadiennes.

Découvres-en davantage

Effectue des recherches sur un pionnier passé ou présent des Forces armées canadiennes et note les résultats de tes recherches à l’aide de la méthode de ton choix.

Tu peux inclure :

  • Des renseignements gĂ©nĂ©raux
  • Son importance historique
  • Les impacts positifs qu’il a créés au sein des Forces armĂ©es canadiennes ou de la sociĂ©tĂ© canadienne
  • L’influence de son expĂ©rience dans les Forces armĂ©es canadiennes sur son dĂ©sir de faire Ă©voluer les choses

Tu peux choisir un pionnier ou acteur de changement parmi la liste suivante :

  • Adelaide Helen Grant Sinclair
  • Albert Ross Tilley
  • Bert Sutcliffe
  • Buckam Singh
  • Cliff Chadderton 
  • Colonel Sidney Lambert
  • Edith Monture
  • Elizabeth Smellie
  • Ellanore Parker and Murnie Pugh
  • Gerald (Gerry) Bell
  • Gerald Gladstone Parris
  • Harry Botterell
  • Jean Suey Zee Lee
  • Karen Hermiston
  • Lawrence Bruce Robertson
  • Leonard Braithwaite
  • Onondeyoh (Frederick Ogilvie Loft)
  • Roger Sacho Obata
  • Roy Mah
  • Seldon Thomas Parris
  • Trooper Minoru Tanaka
  • William Andrew White

Découvre l’histoire d’un conflit mondial à travers le témoignage d’un ancien combattant.

Choisis l’une des vidéos suivantes, puis réponds aux questions correspondantes dans le format de ton choix.

REMARQUE : Le contenu des vidĂ©os qui suivent peut ĂŞtre dĂ©rangeant pour certaines personnes. Ces vidĂ©os traitent de sujets dĂ©licats, notamment des exemples de violence en temps de guerre, et s’adressent Ă  un public averti.

Option 1 : Entrevue avec l’ancien combattant Romey Daley (en anglais seulement)

La guerre de CorĂ©e s’est dĂ©roulĂ©e entre 1950 et 1953. On la surnomme parfois la « guerre oubliĂ©e Â», car elle a Ă©tĂ© Ă©clipsĂ©e par la Deuxième Guerre mondiale et que le nombre de Canadiens ayant servi en CorĂ©e est infĂ©rieur Ă  celui des guerres prĂ©cĂ©dentes. Pourtant, quand les troupes de la CorĂ©e du Nord ont envahi la CorĂ©e du Sud en 1950, plus de 26 000 Canadiens se sont portĂ©s volontaires pour participer au conflit.

Le vĂ©tĂ©ran Romey Daley Ă©tait l’un de ces braves hommes. Dans la vidĂ©o qui suit, Daley partage son vĂ©cu pendant la guerre, y compris les difficultĂ©s qu’il a rencontrĂ©es au front et Ă  son retour au pays. « Ce n’est pas une guerre oubliĂ©e, mais une victoire oubliĂ©e Â», affirme-t-il.

Regarde la vidéo suivante, puis réponds aux questions correspondantes.

  1. Souvenir : Qu’est-ce que la vidĂ©o « The Forgotten War: Korea Â» nous enseigne sur la guerre de CorĂ©e ?
  2. ComprĂ©hension : Selon toi, qu’entend Romey Daley par « Ce n’est pas une guerre oubliĂ©e, mais une victoire oubliĂ©e Â» ?
  3. Application : La MĂ©daille canadienne de service volontaire pour la CorĂ©e a Ă©tĂ© créée en 1991. Quel a Ă©tĂ© l’impact de cette distinction sur les vĂ©tĂ©rans et sur les Canadiens en gĂ©nĂ©ral? Comment les Canadiens peuvent-ils rendre hommage au service et au sacrifice des anciens combattants ?
  4. Analyse : Pourquoi crois-tu qu’il est important que des vĂ©tĂ©rans comme Romey Daley racontent leur histoire ?
  5. Évaluation : Peut-on qualifier Romey Daley de pionnier ou d’acteur de changement ? Justifie ta rĂ©ponse en te basant sur des exemples et des Ă©lĂ©ments de preuve tirĂ©s de la vidĂ©o.
  6. CrĂ©ation : Pense Ă  trois questions pertinentes Ă  poser Ă  un vĂ©tĂ©ran au sujet de son expĂ©rience. Consigne ta rĂ©ponse dans le format de ton choix.

Option 2 : Entrevue avec l’ancienne combattante Sandra Perron (en anglais seulement)

En 1989, à la suite d’une décision du Tribunal canadien des droits de la personne, les Forces armées canadiennes ont autorisé la participation des femmes au combat. Sandra Perron a été la première femme à occuper le poste d’officière d’infanterie au Canada, et a ensuite été nommée capitaine dans les Forces armées canadiennes. Elle a participé à deux missions en ex-Yougoslavie en temps de guerre et de troubles civils. Sandra Perron a été confrontée à d’importants défis en tant que femme dans l’armée, mais elle a persévéré et a même fini par commander 42 hommes lors d’un déploiement en Croatie.

Regarde la vidéo suivante, puis réponds aux questions correspondantes.

  1. Souvenir : Qu’est-ce que la vidĂ©o « The Forgotten War: Balkans Â» nous enseigne sur la guerre des Balkans ?
  2. ComprĂ©hension : Selon toi, qu’entend Sandra Perron par « J’avais dĂ©moli tous leurs prĂ©jugĂ©s sur les femmes Â» ?
  3. Application : Sandra Perron a fondĂ© l’organisme Le Pepper Pod, inspirĂ©e d’une manĹ“uvre militaire qui consiste Ă  couvrir son camarade pendant l’avancĂ©e vers l’ennemi. Ă€ ton avis, comment des organismes comme Le Pepper Pod apportent-ils du soutien aux vĂ©tĂ©rans ? Que peut-on faire d’autre pour les aider ?
  4. Analyse : Pourquoi penses-tu qu’il est important que des vĂ©tĂ©rans comme Sandra Perron partagent leur histoire ?
  5. Évaluation : Peut-on qualifier Sandra Perron de pionnière ou d’actrice de changement ? Justifie ta rĂ©ponse Ă  l’aide d’exemples tirĂ©s de la vidĂ©o.
  6. CrĂ©ation : Pense Ă  trois questions pertinentes Ă  poser Ă  un vĂ©tĂ©ran au sujet de son expĂ©rience. Consigne ta rĂ©ponse dans le format de ton choix.
Sources liées au cours

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Un groupe d'aviateurs en uniforme debout derrière une table. Beaucoup ont des brûlures. Ils sourient.

12 aviateurs autour de Ross Tilley. Aviation royale canadienne, International Bomb Command Centre Digital Archive, University of Lincoln, URL. PubliĂ© s. d., consultĂ© le 28 juin 2024. Licence de Creative Commons Attribution – Utilisation non commerciale 4.0 (CC BY-NC 4.0).

Un groupe de soldats utilisant un système de talkie-walkie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Des fantassins du Loyal Edmonton Regiment utilisent un walkie-talkie pendant une avancée, Ortona, Italie, 21 décembre 1943. Lieutenant Terry F. Rowe, Canada. Ministre de la Défense nationale, Bibliothèque et Archives Canada, URL. Publié le 21 décembre 1943, consulté le 28 juin 2024. PA-163932.

Un groupe d'infirmières votant pendant la Première Guerre mondiale.

Infirmières d’un hĂ´pital canadien votant aux Ă©lections fĂ©dĂ©rales canadiennes. William Rider-Rider, Canada. Ministre de la DĂ©fense nationale, Bibliothèque et Archives Canada, URL. PubliĂ© en dĂ©cembre 2017, consultĂ© le 28 juin 2024. PA-002279.

Portrait de Jacob Courtney, Compagnie « A Â», 157e Bataillon, CEF, inconnu, Simcoe County Archives, URL. PubliĂ© vers 1916, consultĂ© le 28 juin 2024. 2008-126.

Portrait militaire gracieusement fourni par Michelle Douglas.

sandra perron

Image militaire gracieusement fournie par Sandra Perron.

Brigadier Oliver M. Martin. Ministre de la Défense nationale, Bibliothèque et Archives Canada, URL. Publié entre 1943 et 1965, consulté le 28 juin 2024. eCopy.

Des vĂ©tĂ©rans et d'autres membres de la communautĂ© avec des pancartes. Un homme porte une pancarte sur laquelle on peut lire « WWII Vets for Redress Â» (vĂ©tĂ©rans de la Seconde Guerre mondiale pour la rĂ©paration).

Roger Obata avec une pancarte ; Colline du Parlement, Ottawa, Ontario. Gordon King, Nikkei National Museum, URL. PubliĂ© en 1988, consultĂ© le 28 juin 2024.

Francis Pegahmagabow, Indiana University Museum of Archaeology and Anthropology. Publié en 1962, consulté le 28 juin 2024. Reproduit avec autorisation. 1962-08-7679.

Wee Hong (Walter) Louie et d'autres hommes tenant un trophée

Wee Hong (Walter) Louie, Orillia Public Library. Consulté le 28 juin 2024. Reproduit avec autorisation.

Frank Moritsugu, Andrew Danson, Bibliothèque et Archives Canada, URL. PubliĂ© le 22 juin 1989, consultĂ© le 28 juin 2024.

John Gibbons Counsell, Lésions médullaires Canada. Publié s. d., consulté le 28 juin 2024. Reproduit avec autorisation.

Reconnaissance des vĂ©tĂ©rans, cĂ©rĂ©monie de citoyennetĂ© : St. Lawrence Hall, 157 King Street East (Stanley Grizzle portrait), Jose San Juan, City of Toronto, URL. PubliĂ© le 10 novembre 2005, consultĂ© le 28 juin 2024. City of Toronto Archives Fonds 219, Series 2311, File 2074, Item 160.