Les vétérans oubliés d’une guerre dont on se souvient bien : les Canadiens au Vietnam


La guerre menée par les États-Unis au Vietnam occupe une place à part dans la culture populaire.  Pour plusieurs, le vrombissement des hélicoptères Huey évoque l’image de l’un de ces appareils en survol au-dessus d’une petite clairière dans la jungle devenue une zone d’atterrissage. On peut imaginer des soldats vêtus de kaki bondir au sol et se disperser sous le fracas des tirs d’armes légères et des obus de mortiers. On peut aussi imaginer des hommes portant un casque se déplacer silencieusement et prudemment dans la végétation épaisse de la jungle à la recherche du Viet Cong (VC), ou « Charlie ». On peut voir les célèbres images d’avions à réaction filant dans le ciel et larguant du napalm sur les flancs des collines. D’innombrables films, comme Forrest Gump, Apocalypse Now, Platoon, Full Metal Jacket et plus encore, montrent des scènes sur l’expérience. La guerre du Vietnam a marqué toute une génération et une époque de l’histoire des États-Unis. Pour la plupart des Canadiennes et des Canadiens, cependant, cette guerre n’est qu’un film ou un conflit américain lointain. Mais pour les plus de 20 000 Canadiens qui s’y sont enrôlés, elle représente bien plus que cela.

À Windsor, en Ontario, se trouve un monument commémoratif de guerre unique qui n’est pas dédié à des militaires décédés au service du Canada et qui n’a pas été érigé par le gouvernement canadien. On y retrouve plutôt les noms de 173 Canadiens morts au combat au Vietnam. On peut également y lire l’inscription suivante : « Tant que nous vivrons, vous vivrez. Tant que nous vivrons, nous nous souviendrons de vous. Tant que nous vivrons, vous serez aimés. » (Traduction) Le Canada n’a pas officiellement participé au long conflit survenu au Vietnam. Néanmoins, à cette époque tumultueuse de l’histoire vietnamienne, notre pays a déployé 2 000 militaires dans des rôles de non-combattants au sein de la Commission internationale de surveillance et de contrôle, de 1954 à 1973, et de la Commission internationale de contrôle et de surveillance, de 1973 à 1975. Cet engagement a coûté la vie à cinq personnes. Au cours de cette période, plus de 25 000 Américains se sont réfugiés au Canada pour échapper à la conscription. En contrepartie, tout comme d’autres Canadiens l’avaient fait depuis la guerre de Sécession aux États-Unis, de jeunes Canadiens se sont rendus au sud pour se joindre au combat au Vietnam, motivés par un sens du devoir, leurs convictions ou la quête d’aventure. On estime qu’entre 20 000 et 40 000 Canadiens ont servi sous le drapeau américain.

Le Mémorial canadien des anciens combattants du Vietnam à Windsor
Le Mémorial canadien des anciens combattants du Vietnam à Windsor (Mike Russell).

Le territoire connu aujourd’hui sous le nom du Vietnam a été colonisé par la France à partir de 1858, puis intégré à l’Indochine française, aux côtés du Laos et du Cambodge, en 1887. Il a ensuite été occupé par l’Armée impériale japonaise de 1940 à 1945. Cette occupation japonaise s’est avérée une période de grandes difficultés. Les maladies et les famines répétées de grande ampleur, causées par l’être humain, ont entraîné la mort de millions de personnes. Pour différentes raisons, la France de Vichy et le Japon impérial avaient tous deux encouragé la montée du nationalisme vietnamien. À la fin de la Seconde Guerre mondiale en août 1945, un vide de pouvoir s’est créé sur le territoire. Le dirigeant marxiste-léniniste Hô Chi Minh s’est alors imposé comme le chef de la République démocratique du Vietnam, nouvellement proclamée. Cette transition a suscité l’opposition des Vietnamiens anticommunistes, des nationalistes chinois, des forces britanniques et, finalement, des troupes françaises. La France s’est efforcée de reprendre le contrôle de la colonie, ce qui a déclenché une longue période de désordre civil et de violence. Après la défaite de la Légion étrangère française à Diên Biên Phu, l’Accord de Genève de 1954 a été négocié entre la République démocratique du Vietnam et la France, avec la promesse d’élections libres en 1956. Cet accord a divisé le territoire le long du 17e parallèle, ce qui a donné naissance à la République du Vietnam au sud. Sans entente claire sur la façon dont les élections seraient tenues et alors que les troupes nord-vietnamiennes soutenaient les dissidents dans le Sud, le gouvernement des États-Unis a commencé à appuyer activement la République du Vietnam. Ce soutien s’inscrivait dans la théorie des dominos qui prévalait à l’époque, selon laquelle si une nation tombait dans le communisme, les pays voisins lui emboîteraient le pas. En s’appuyant initialement sur des troupes sud-vietnamiennes et des conseillers américains, l’instabilité croissante a mené à une escalade de l’engagement des États-Unis sous les présidents Kennedy et Johnson. Entre 1964 et 1973, les Américains ont consacré plus de 160 milliards de dollars et déployé 2,7 millions de soldats dans l’effort de guerre. Au cours du conflit, 58 281 soldats américains ont été tués ou portés disparus. Bien que les estimations varient, il est probable que près de 2 millions de Vietnamiennes et de Vietnamiens, à la fois des civils et des soldats, aient péri durant la guerre des États-Unis au Vietnam.

Il n’existe aucun registre complet des Canadiens qui ont choisi de combattre sous le drapeau américain. Historiquement, la frontière entre nos deux nations a toujours été poreuse, et les populations ont circulé facilement d’un côté à l’autre. Lors de leur enrôlement, les hommes mentaient souvent sur leur lieu de naissance ou ils indiquaient simplement la ville où ils s’étaient engagés comme lieu de résidence. Il est donc difficile d’évaluer avec exactitude le nombre réel de Canadiens ayant servi. Le sénateur Edward Kennedy a estimé que 40 000 Canadiens se sont joints au combat. Il n’est évidemment pas possible de rendre compte de tous les hommes qui se sont engagés dans cet effort dans un court billet de blogue comme celui-ci, mais nous pouvons tenter de raconter quelques-unes de leurs histoires.

Richard Dextraze est né à Ottawa de Jacques Dextraze et de Frances Pare. Son père, Jacques, était un officier de carrière dans les Forces armées canadiennes qui a plus tard atteint le grade de major général. Richard s’est enrôlé dans le Corps des Marines des États-Unis le 13 décembre 1967. Après avoir terminé son instruction de base, il est arrivé au Vietnam le 17 juin 1968 et a été affecté à la compagnie E du 2e Bataillon du 9e Régiment de Marines de la 3e Division de Marines à titre d’opérateur radio. Le 11 septembre de la même année, il a participé à une opération contre des membres retranchés de l’Armée populaire vietnamienne dans le district de Huong Hoa. Au cours de cet engagement, l’Armée populaire vietnamienne a eu recours à des mines Claymore et a ouvert le feu avec des armes légères. Richard ainsi qu’un autre marine ont été blessés. Après sa convalescence, Richard a réintégré son unité le 27 novembre à titre d’éclaireur. En avril, toujours dans le cadre de ses fonctions d’éclaireur, il a effectué des reconnaissances à la recherche d’activités ennemies aux abords du mont Dong Kio, dans la province de Quang Tri. Son unité est entrée en contact avec des soldats de l’Armée populaire vietnamienne retranchés dans des fortifications enterrées et dissimulées. Face à des tirs nourris de mitrailleuses et à une végétation dense, il était impossible pour les marines d’avancer; ils ont donc demandé du renfort. Les soldats venus en renfort ont eux aussi été rapidement cloués au sol par des tirs intenses d’armes légères, des roquettes et des grenades à main.

Un homme portant un chapeau et des lunettes
Vietnam Veterans Memorial Fund

Le 2e Peloton a alors été envoyé en renfort aux deux plus petites unités, dont le nombre de victimes augmentait et qui avaient besoin d’une plus grande puissance de feu. Grâce à un feu nourri et à des tactiques innovantes, les marines ont finalement réussi à percer les positions ennemies et à éliminer 14 défenseurs. Cette victoire a toutefois coûté cher aux troupes américaines : cinq soldats ont été tués, trois ont été blessés et douze ont souffert d’un coup de chaleur. Dextraze était l’un des cinq soldats ayant péri durant l’assaut. Il a succombé à des blessures causées par des éclats d’obus et à une blessure par balle au cou. Il a reçu à titre posthume la médaille américaine Silver Star, soit la troisième plus haute distinction des États-Unis pour bravoure. Dextraze est enterrée au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal. Il laissait dans le deuil ses parents ainsi que deux frères et sœurs.

Un homme en uniforme militaire.
Vietnam Veterans Memorial Fund

Né le 16 juin 1951 à Ohsweken, en Ontario, de Edwin Fraser et de Gwendolyn Smith, Thomas Fraser était un fier membre des Six Nations de la rivière Grand. Il a grandi à Détroit, puis il a quitté l’école secondaire et s’est enrôlé dans l’armée le 18 juin 1968. Thomas est arrivé au Vietnam le 27 juillet 1969, tout juste après avoir fêté ses 18 ans. Il a été affecté au Quartier général et Escadron de commandement et des services (H&HS), au sein du 1er Groupe du Quartier général de la 1re Escadre aérienne des Marines (MWGH-1), 1re Escadre aérienne des Marines (MAW), à la base aérienne de Da Nang, dans la province de Quang Nam, où il faisait partie du détachement de sécurité de la police militaire. Le soir du 3 avril 1970, un caporal et lui se préparaient pour la cérémonie de descente des couleurs, c’est-à-dire la cérémonie de descente du drapeau. Un sergent est alors entré dans le poste de commandement et a déposé son pistolet semi-automatique sur le bureau. Le caporal a pris le pistolet, en a retiré le chargeur, a pointé l’arme vers la droite et a appuyé sur la détente. Tragiquement, il n’avait pas reculé la glissière pour s’assurer que l’arme était bien déchargée, et une cartouche se trouvait encore dans la chambre. Le pistolet a fait feu, et Thomas a été grièvement blessé à la tête. Bien qu’il ait reçu des soins médicaux rapidement, la blessure s’est avérée fatale, et il est décédé vers 1 h 55 du matin. Le sergent et le caporal ont tous deux été tenus responsables de la manipulation négligente de l’arme à feu qui a entraîné la mort de Thomas. Son corps a été rapatrié aux Six Nations par un détachement des Marines des États-Unis. Thomas a été inhumé avec tous les honneurs militaires, y compris une salve de trois coups de fusil, au cimetière de St Barnabas, sur la réserve des Six Nations. Il laissait dans le deuil ses parents ainsi que ses frères et sœurs James, Joanne, Delores et Frances.

Un homme en uniforme militaire.
Vietnam Veterans Memorial Fund

Gilbert (Gil) Graham est né à London, en Ontario, le 24 février 1946, de James A Graham et de Phyllis Graham. Il a immigré en Californie avec sa famille et a obtenu son diplôme de l’école secondaire Magnolia High School à Anaheim, en Californie, dans la promotion de 1964. Deux ans plus tard, le 28 mai 1966, il a épousé Carol D Orrell. Après s’être enrôlé dans la marine, Gil a terminé son instruction avant d’être déployé au Vietnam au sein de la marine fluviale américaine, la « US Brown-water Navy », qui était alors en pleine expansion. Cette force opérait principalement sur les voies navigables intérieures et le long du littoral. L’une des principales caractéristiques géographiques du Sud-Vietnam est le fleuve Mékong et son delta. La marine fluviale utilisait des vedettes de patrouille fluviale (« Patrol Boat, Rivers » ou « PBR »), des embarcations rapides à coque en fibre de verre, relativement bien armées et dotées d’un système de propulsion par hydrojet. Ces embarcations avaient pour mission d’empêcher les Nord-Vietnamiens d’emprunter les rivières et le littoral pour leurs opérations de ravitaillement. Gil a été affecté au PBR-100 en tant que tireur avant sur mitrailleuse double de calibre .50. Il faisait partie de l’Escadron fluvial 51 de la Force opérationnelle 116, sous le commandement des Forces navales des États-Unis au Vietnam (l’« USNAVFORV »). Le 28 septembre 1967, lors d’une patrouille de routine à huit kilomètres au nord-est de Vinh Long, le PBR-100 a été attaqué. Pendant le contrôle de la circulation de sampans près de l’embouchure du canal de Cai Coi, l’embarcation a été prise dans une embuscade sous une salve de roquettes B-40 et des tirs d’armes légères. Trois roquettes ont frappé l’embarcation, ce qui a coûté la vie à Gilbert et au capitaine du bateau, le matelot mécanicien de deuxième classe Musetti. Le reste de l’équipage ainsi qu’un policier vietnamien qui les accompagnait ont été projetés à l’eau, tandis que l’embarcation a pris feu et est devenue incontrôlable. Une autre vedette de patrouille fluviale a été en mesure de localiser et de secourir les survivants dans l’eau. De nombreuses recherches exhaustives ont été menées pour retrouver les deux hommes disparus, mais aucun des deux corps n’a été localisé. Gil laissait dans le deuil sa veuve, ses parents et ses frères et sœurs Rick, Steve et Wendy.

Un homme en uniforme militaire.
Vietnam Veterans Memorial Fund

Né le 8 janvier 1949 à Espanola, en Ontario, de Thomas et Winnifred Kennedy, Bruce Kennedy a grandi en passant ses vacances d’été à travailler dans les usines locales. Après avoir obtenu son diplôme de l’école secondaire Espanola High School, il était déterminé à faire davantage que de rester dans sa petite ville et a décidé d’aller combattre au Vietnam. À cette fin, il s’est enrôlé dans le Corps des Marines des États-Unis le 17 décembre 1967. Une fois son instruction de base terminée, Bruce a été déployé au Vietnam le 24 mai 1968 au sein de la Compagnie L du 3e Bataillon du 3e Régiment de Marines, de la 3e Division de Marines (renforcée) de la Force des Marines de la Flotte. À peine trois mois après le début de son déploiement actif, il a pris part à l’Opération Lancaster II. Après plusieurs tentatives infructueuses pour localiser les forces de l’Armée populaire vietnamienne, la Compagnie L a établi une position défensive dans le district de Cam Lo, au nord de la province de Quang Tri. Conformément à la procédure habituelle[VP1] , un poste d’écoute a été mis en place à l’extérieur du périmètre afin de détecter toute activité ennemie et de donner rapidement l’alerte au reste de l’unité en cas d’approche. Bruce était l’un des trois marines affectés à ce poste. Peu après leur arrivée, la zone a été la cible d’une forte attaque au mortier de l’Armée populaire vietnamienne, suivie d’un assaut d’infanterie. Bien que Bruce et les marines aient défendu ardemment le poste d’écoute, celui-ci a rapidement été submergé par une force ennemie numériquement supérieure. En se repliant vers la position principale de l’unité, Bruce a été blessé et éventuellement tué par des coups de feu. Ses actes lui ont valu le titre posthume de la médaille américaine Silver Star, la troisième plus haute distinction des États-Unis pour bravoure au combat. Il repose à Espanola et laissait dans le deuil ses parents et ses deux sœurs.

Un homme en uniforme militaire et portant un casque.
Vietnam Veterans Memorial Fund

Né le 21 septembre 1948 en Écosse, Ian McIntosh a déménagé à Peterborough, en Ontario, au Canada, avec sa famille. Ses papiers d’enrôlement indiquent St Catharines, en Ontario, comme son adresse de résidence. « Scotty », comme on le surnommait, a travaillé au laboratoire d’ICI (Imperial Chemical Industries) à Grangemouth. En 1970, l’armée l’a envoyé suivre le cours de formation avancée au vol sur voilure tournante à Fort Wolters, au Texas, afin d’obtenir sa qualification de pilote. Il a été affecté comme pilote d’hélicoptère utilitaire et d’observation au sein de la Troupe A du 2e Escadron du 17e Régiment de Cavalerie, dans la 101e Division aéroportée (aéromobile). Le 24 novembre 1970, il se trouvait à bord d’un OH6A (« Loach ») à titre d’observateur. L’hélicoptère, immatriculé 6717384, était piloté par le capitaine Robert J. Young. L’OH6A faisait partie d’une patrouille de reconnaissance armée qui accompagnait deux hélicoptères de combat AH-1 (« Cobra ») au sud de Keh Sanh, dans la province de Quang Tri. Ils étaient en vol depuis 63 minutes lorsqu’ils ont repéré ce qu’ils pensaient être un campement de l’Armée populaire vietnamienne. Les hélicoptères Cobra se sont approchés et ont attaqué l’emplacement avec une combinaison de roquettes et de tirs de mitrailleuse. Le capitaine Young a ensuite dirigé son hélicoptère dans la zone afin d’observer l’efficacité de l’attaque. L’OH6A a essuyé des tirs en provenance du sol et a été touché à l’avant gauche, où McIntosh était assis. Sous le feu ennemi, le capitaine Young a brusquement fait demi-tour avec l’OH6A et a immédiatement quitté la zone. Il a alors constaté que McIntosh avait été touché et souffrait terriblement. Il a rapidement réalisé que le moteur de l’OH6A avait été endommagé et était en train de lâcher. Le moteur s’est arrêté, et le capitaine Young a été contraint d’effectuer un atterrissage forcé. Il a réussi à s’extraire de l’appareil, mais l’hélicoptère a explosé alors que McIntosh se trouvait toujours à bord. Selon le pilote, Scotty était déjà mort avant l’explosion. Comme aucun corps n’a été retrouvé, Scotty figure sur la liste des personnes disparues au combat.

Un homme en uniforme, le visage peint
Vietnam Veterans Memorial Fund




Robert McSorley est né le 26 mars 1951. En 1968, il s’était lassé de la vie tranquille à l’école secondaire Templeton Secondary School, dans l’est de Vancouver. À 17 ans et en quête d’aventure, Robert a donc pris la décision de joindre l’Armée américaine. Bien que ses parents, Peter McSorley et June McSorley (née Wilson), aient tenté de l’en dissuader, ils ont finalement cédé et signé les formulaires d’autorisation d’enrôlement. Après son instruction de base et son instruction avancée au titre de ranger, Robert a été affecté à la Compagnie L du 75e Régiment, dans la 101e Division aéroportée (aéromobile), stationnée dans la province de Quang Tri, en République du Vietnam. Au début d’avril 1970, son unité composée de 12 rangers a été envoyée dans la vallée d’A Shau, dans le cadre de l’Opération Grasshopper. Ils devaient y infiltrer la zone le long de la célèbre piste Hô Chi Minh. La principale mission de l’unité consistait à recueillir des renseignements sur les mouvements des troupes du Viet Cong et à diriger les frappes aériennes. Les hommes ont été déposés par hélicoptère au cœur de la jungle dense. L’appareil a attiré l’attention des soldats de l’Armée populaire vietnamienne dans la zone, qui se sont rapidement déplacés pour attaquer la position des rangers. Armée de fusils M16, l’unité américaine a réussi à repousser l’assaut initial, en laissant sur le terrain un certain nombre d’assaillants morts ou blessés. Le 8 avril 1970, Robert, spécialiste de 4e classe, a été tué alors qu’il ouvrait la marche pendant que les rangers regagnaient leur zone d’atterrissage initiale afin d’être évacués. Dans la végétation épaisse, il est tombé nez à nez avec un soldat nord-vietnamien tout aussi surpris que lui. Ils ont tous les deux tenté de faire feu, mais l’arme de Robert s’est enrayée, et il a reçu trois balles à la poitrine et à l’épaule. Il a succombé à ses blessures mortelles en moins de 15 minutes, seulement 14 jours après son 19e anniversaire. Il était très estimé de son officier commandant et des hommes avec lesquels il servait. Sa dépouille a été rapatriée au Canada, et il a été inhumé au cimetière Forest Lawn Memorial Park, près de Vancouver. Il laissait dans le deuil ses parents et sa sœur.  

Il ne s’agit là que d’une infime partie des histoires des Canadiens au Vietnam. Il existe des milliers de récits personnels et de témoignages dont nous n’avons encore aucune trace. Ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est que les Canadiens qui ont servi ont été marqués par leurs expériences, et nous leur devons une voix dans notre histoire collective.

Article rédigé par Kris Tozer et traduit par Valerie Pronovost-Lapointe pour Honouring Bravery.


Sources

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Canadian Vietnam Veterans Memorial Association (Association canadienne des vétérans du Vietnam). « The Canadian Vietnam Veterans Memorial Association » (L’Association canadienne des vétérans du Vietnam). 1995, https://www.canadiansinvietnam.com/ (en anglais seulement). Page consultée le 4 février 2026.

Corday, Chris. « 50 years since the U.S. ground war began, there’s a push to remember the 134 Canadians killed » (50 ans après le début de la guerre terrestre menée par les États-Unis, des efforts sont déployés pour commémorer les 134 Canadiens qui ont été tués). CBC News, 11 novembre 2015, https://cherrieswriter.com/2015/11/13/lost-to-history-the-canadians-who-fought-in-vietnam/ (en anglais seulement). Page consultée le 4 février 2026.

Drohan, Patricia. « Foucaults travel to Vietnam in memory of Espanola soldier » (Les Foucault se rendent au Vietnam à la mémoire d’un soldat d’Espanola). The Mid-North Monitor, The Mid-North Monitor, 28 mars 2019. https://www.midnorthmonitor.com/news/local-news/foucaults-travel-to-vietnam-in-memory-of-espanola-soldier (en anglais seulement). Page consultée le 5 février 2026.

Harding, Jim. « A Marine by Choice, He Dies in Vietnam from Buddy’s Bullet » (Un marine par choix, il meurt au Vietnam sous la balle d’un camarade). Brantford Expositor [Brantford], 18 avril 1970, https://www.fold3.com/image/713061144/the-brantford-expositor-sat-apr-18-1970-c (en anglais seulement). Page consultée le 10 février 2026.

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War Times. « Remembering and Researching Canada’s Military Contributions » (Commémoration et recherche : les contributions militaires du Canada). Persons From Canada who died in the Vietnam War (Canadiens morts pendant la guerre au Vietnam), 22 novembre 2018, https://wartimes.ca/forums/viewtopic.php?t=644 (en anglais seulement). Page consultée le 4 février 2026.

Vietnam Agent Orange Relief & Responsibility Campaign (Campagne de solidarité et de responsabilisation pour les victimes de l’Agent Orange au Vietnam). « Cost of the Vietnam War » (Le coût de la guerre du Vietnam). https://www.vn-agentorange.org/edmaterials/cost_of_vn_war.html (en anglais seulement).