Kaboul

La guerre d’Afghanistan, commença le 7 octobre 2001 avec le débarquement des troupes américaines en Afghanistan. Dès le début, le Canada soutint l’opération à travers ses bases au Moyen-Orient, et des forces spéciales canadiens combattirent également sur le terrain en décembre 2001. Après seulement deux mois, Al-Qaïda dut fuir vers le Pakistan et les talibans furent réduits à de petites poches de résistance, plusieurs groupes s’étant échappé dans des contrées lointaines pour se réorganiser.

Plus de Canadiens, la 3e bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, sont arrivés au début de 2002. Sous le commandement américain, ils ont combattu pour aider à déloger des poches de résistance de leurs bastions. La Marine royale canadienne et l’Aviation royale canadienne ont toutes les deux été déployées en 2001 et en 2002 pour soutenir les opérations, transporter des troupes, évacuer les soldats blessés et prêter appui à des missions de ravitaillement.

Une carte de l'Afghanistan indiquant l'emplacement de Kaboul
Une carte de l’Afghanistan indiquant l’emplacement de Kaboul

Le 17 avril 2002, des membres du 3 PPCLI s’entraînaient à la ferme Tarnak, au sud de la ville de Kandahar. À proximité, deux F-16 américains patrouillaient dans les airs. Les pilotes ont confondu les tirs d’entraînement des Canadiens avec des tirs ennemis et ont largué une bombe. Quatre Canadiens ont été tués et huit autres blessés. Ce furent les premières victimes canadiennes de la guerre.

Les Forces Canadiennes arrivent en grand nombres à Kaboul en 2003 dans le cadre de la mission de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) menée par l’OTAN. Capitale de l’Afghanistan, Kaboul était beaucoup plus libérale sur les plans religieux et social que le reste du pays en général, et bien plus accueillante envers les forces étrangères.

Opérations canadiennes en Afghanistan

Alors que pendant les deux guerres mondiales les soldats canadiens étaient déployés avec leur unité et demeuraient outre-mer pour de longues périodes, le déploiement des Forces armées canadiennes en Afghanistan s’est fait par rotation. Chaque rotation était structurée autour d’un groupement tactique, c’est-à-dire une formation militaire adaptée sur mesure à la situation en cause. Un groupement tactique peut comprendre, par exemple, de l’infanterie, des unités blindées, des ingénieurs et d’autres spécialisations en proportions variables. La plupart des groupements tactiques étaient constitués à partir de l’une des trois unités d’infanterie de la Force régulière du Canada, mais certains rôles étaient occupés par des réservistes. Indépendante du groupement tactique, l’équipe provinciale de reconstruction comprenait les opérations psychologiques (OPPSY) et la coopération civilo-militaire (COOCIM), entre autres. Les OPPSY et la COOCIM sont toutes deux des « activités d’influence » qui visent à gagner la faveur de la population civile et à obtenir son appui. Pour ce faire, les OPPSY misent sur les messages et les communications, tandis que la COOCIM procède par des actions concrètes.

Les équipes opérationnelles de liaison et de mentorat (OMLT, prononcé « omelettes ») constituaient un autre groupe important. Les OMLT, qui comprenaient à la fois du personnel de l’armée et de la police (P-OMLT), étaient chargées d’observer, d’encadrer et de former l’armée nationale afghane et la police nationale afghane. Cela constituait une partie importante de la mission de l’OTAN en Afghanistan. Elles assuraient également la liaison avec les forces de la FIAS, veillant à ce que les plans et les actions soient coordonnés. Les équipes OMLT, généralement composées de deux ou trois Canadiens, étaient rattachées directement aux unités de l’armée nationale afghane et vivaient à leurs côtés.

Réfléchir : Pourquoi pensez-vous que les activités d’influence ont joué un rôle important dans la mission du Canada en Afghanistan ?

La Force régulière et les réservistes

Lorsque le Canada a envoyé ses troupes en Afghanistan, chaque rotation était composée de soldats de la Force régulière, qui travaillent à temps plein pour l’armée canadienne. Comme le Canada est demeuré impliqué dans la guerre en Afghanistan pendant de nombreuses années, certains membres de la Force régulière ont été déployés à plusieurs reprises, parfois jusqu’à trois ou quatre fois.

Lorsque le Canada a envoyé ses troupes en Afghanistan, chaque rotation était composée de soldats de la Force régulière. Quand une unité de la Force régulière était déployée, ceux qui en faisaient partie étaient obligés de partir. Toutefois, certains postes demeuraient vacants en raison du niveau de spécialisation requis ou d’un manque de personnel.C’est donc à titre de volontaires que les réservistes servaient en Afghanistan. Ils représentaient environ 25% des soldats déployés. Beaucoup développaient des compétences particulières et des domaines d’expertise qui les aident à se qualifier pour une mission. Les réservistes étaient notamment beaucoup déployés dans des activités d’influence.

Un groupe de soldats prépare à manger près d'un véhicule blindé.
Des soldats au repos consomment leurs rations de nourriture en arrière de leur véhicule LAV-III, lors d’une opération en position avancée (Musée RMR).