Kandahar

À la fin de 2005, le Canada est passé de Kaboul, zone relativement sécuritaire, à la zone plus dangereuse de Kandahar. À l’époque, la FIAS avait pris les commandes des forces de sécurité dans tout l’Afghanistan, et chaque nation participante de l’OTAN assumait la sécurité et la reconstruction d’une province afghane différente. La province attitrée au Canada était Kandahar, ancien fief des talibans situé près de la frontière avec le Pakistan, où les derniers talibans avaient presque tous fui. Là-bas, la situation était totalement différente de Kaboul. La population locale était suspicieuse et hostile, et les talibans étaient déterminés à reprendre leur bastion. Les forces canadiennes ont dû s’adapter, tout comme la nature de la mission de la COCIM et de la OPPSY.

Une carte de l'Afghanistan indiquant l'emplacement de Kandahar
Une carte de l’Afghanistan indiquant l’emplacement de Kandahar
Un soldat dans un champ. Ils portent un badge sur lequel est inscrit « ISAF ».
Un soldat en service dans la province de Kandahar, janvier 2011. De nombreuses missions menées par les troupes canadiennes l’ont été en collaboration avec des membres de l’armée afghane (Musée RMR).

Combat

Gagner les cœurs et les esprits

Dans ce contexte de contre-insurrection, les activités d’influence telles que COCIM et OPPSY ont joué un rôle de soutien important en raison de la nécessité de stabiliser et de rallier la population locale et d’isoler les talibans.

Conditions de vie

Réfléchir : Selon vous, en quoi le type et l’emplacement de la base d’un soldat ont-ils influencé son expérience de la guerre ?

Pour les membres des Forces armées canadiennes, les conditions de vie à Kandahar variaient grandement selon l’endroit où ils étaient basés.

Les victimes

Les victimes des forces de la coalition de l’OTAN

Les pertes en vie humaine de l’OTAN étaient une partie tragique et constante du quotidien des personnes vivant à KAF durant les années 2005 à 2011. Pour chaque membre tué, une cérémonie de rapatriement était tenue. Celles-ci étaient appelées les « cérémonies de la rampe », du fait que les soldats s’alignaient le long du tarmac pour saluer leur camarade disparu avant que sa dépouille embarque dans l’avion du retour. Bien que les Canadiens à KAF étaient seulement obligés d’assister aux cérémonies pour les autres soldats canadiens, il arrivait souvent qu’ils assistaient aux cérémonies organisées par les autres états membres de la coalition par respect au décédé. 3 576 soldats de l’OTAN furent tués durant la mission en Afghanistan, incluant 159 Canadiens.

Des soldats canadiens transportent un cercueil recouvert du drapeau canadien à bord d'un avion. D'autres soldats saluent en les regardant.
Les cérémonies de rampe sont des événements malheureux qui rythment le quotidien des soldats déployés. Au cours de celles-ci, les compagnons, les collègues du défunt, ainsi que les représentants de chaque nation, assistent à l’embarquement du corps dans l’avion qui le ramènera dans le pays (Provenant de la collection de la famille Lizotte, utilisé avec autorisation).

Les victimes civiles

Les civils afghans ont énormément souffert de la guerre qui s’est déroulée dans leurs villes et villages. Le projet Costs of War estime que plus de 46 000 civils afghans sont morts au cours de ce conflit de 20 ans et que beaucoup d’autres ont été blessés ou déplacés. Les décès de civils ont été les conséquences directes ou indirectes des actions des insurgés et de celles des États-Unis et de l’OTAN.

En décembre 2009, un attentat suicide à Kaboul visant un collaborateur du gouvernement afghan a fait huit morts et 40 blessés. Les attentats suicides étaient fréquents et permettaient aux insurgés de poursuivre les combats dans les grandes villes afghanes.

Une feuille d'érable faite de pierres. Devant, on voit des pierres individuelles sur lesquelles sont gravés des mémoriaux.
Le 8 juin 2011, à la base avancée de Masum Ghar, une cérémonie a été organisée pour honorer la mémoire de 72 soldats canadiens morts pendant la guerre. Commencé en 2007, chaque bloc du mémorial a pour but de représenter une personne décédée. Les drapeaux accrochés au sommet de la feuille d’érable visent à souligner la solidarité des autres pays membres de la coalition (Musée RMR).